LE BAPTÊME DANS LE SAINT-ESPRIT (SUITE)

Une précision essentielle : prière à Dieu, non discours aux hommes

Nicolas GOMIS CORREA

1/5/2026

Une autre source de confusion autour du parler en langues vient de l’idée selon laquelle il s’agirait toujours de langues humaines connues. Cette compréhension, bien que partiellement fondée sur l’événement unique d’Actes 2, ne rend pas compte de l’ensemble de l’enseignement biblique, notamment celui de l’apôtre Paul.

Dans sa première lettre aux Corinthiens, Paul apporte une précision capitale : « Celui qui parle en langue ne parle pas aux hommes, mais à Dieu, car personne ne le comprend, et c’est en esprit qu’il dit des mystères. » (1 Corinthiens 14:2)

Cette déclaration est sans ambiguïté. Paul ne décrit pas ici une communication horizontale destinée à être comprise par l’assemblée, mais une prière verticale, adressée directement à Dieu. Le but n’est pas l’information des hommes, mais la communion spirituelle avec le Seigneur. C’est pourquoi Paul ajoute un peu plus loin : « Si je prie en langue, mon esprit est en prière, mais mon intelligence demeure stérile. » (1 Corinthiens 14:14)

Autrement dit, dans le parler en langues, l’esprit du croyant est activement engagé, même si l’intelligence ne comprend pas le contenu des paroles. Il ne s’agit pas d’un discours réfléchi, structuré ou pédagogique, mais d’une prière inspirée, portée par l’action du Saint-Esprit. Cela montre clairement que le parler en langues ne peut pas être réduit à une simple capacité linguistique humaine. Il s’agit d’une expression spirituelle, où l’Esprit de Dieu aide le croyant à prier au-delà des limites de son langage naturel. Ce sont des paroles que Dieu comprend, même si les hommes ne les comprennent pas sans interprétation.

Cette réalité explique pourquoi Paul insiste autant sur l’ordre dans l’assemblée. Une prière adressée à Dieu, si elle est exprimée publiquement sans interprétation, n’édifie pas ceux qui écoutent. Non parce qu’elle serait mauvaise, mais parce qu’elle n’est pas destinée à l’intelligence collective, mais à la relation personnelle avec Dieu.

Ainsi, la Bible présente deux réalités complémentaires :

  • dans certains contextes missionnaires précis, Dieu a utilisé des langues humaines compréhensibles comme signe pour les non-croyants ;

  • dans la vie spirituelle du croyant, le parler en langues est avant tout une prière inspirée, une communion spirituelle avec Dieu, opérée par l’Esprit.

Comprendre cette distinction permet d’éviter deux extrêmes : rejeter le parler en langues en le réduisant à une confusion émotionnelle, ou l’imposer comme une démonstration publique obligatoire. La sagesse biblique nous conduit plutôt à reconnaître que DIEU AGIT DIVERSEMENT, toujours dans un but d’édification, et jamais dans le désordre.

La maturité chrétienne ne consiste pas à tout expliquer intellectuellement, mais à marcher humblement avec Dieu, en laissant l’Esprit agir selon l’ordre qu’Il a Lui-même établi dans Sa Parole.

« Que tout se fasse avec bienséance et avec ordre. »

(1 Corinthiens 14:40)